La remise du Prix Simone de Beauvoir 2016

Le 14 janvier 2016, à la Maison de l’Amérique Latine, boulevard Saint-Germain. Guisi Nicolini a reçu le Prix Simone de Beauvoir pour la liberté des femmes, fondé en 2008 par Julia Kristeva. La grande salle de réception était pleine à craquer d’un public international. Français, Italiens, Américains… s’étaient réunis pour rendre hommage à la maire de Lampedusa.

La Fondation Simone de Beauvoir était également présente. Fondée par Sylvie Le Bon de Beauvoir et Josyane Savigneau en 2015, elle a pour but de lever des fonds pour le Prix. Elle souhaite également établir des partenariats avec des fondations et des personnes qui désirent faire mieux connaître la vie et l’œuvre de Simone de Beauvoir. La Fondation a récolté un grand nombre de coordonnées de personnes intéressées à recevoir des informations de la Fondation et à faire des dons.

En attendant le début de la cérémonie, le public a pu regarder un montage vidéo, réalisé par l’Université Paris Diderot, partenaire du Prix. Les souvenirs de la remise du Prix des années précédentes s’égrènent : Malala Yousafzai, Ludmila Oulitskaïa, Ai Xiaoming et Guo Jianmei, Taslima Nasreen et Ayaan Hirsi Ali… On revit les émotions des ans passés et on se souvient de la force et de la bravoure de ces femmes.

Après le puissant discours de Josyane Savigneau, qui a rappelé les raisons du choix de Giusi Nicolini comme lauréate, l’historien Benjamin Stora et le professeur Smaïn Laacher, sociologue, ont analysé le parcours spécifique des migrantes et retracé les sévices dont elles sont victimes parce que femmes : humiliations, brimades, viols font partie de leur quotidien, depuis leur départ jusqu’à leur arrivée dans des camps de réfugiés. L’espace extérieur est toujours furieusement hostile aux femmes.

Madeleine Gobeil, amie de Beauvoir et membre du jury du Prix, décrit avec beaucoup d’émotion sa rencontre avec Giusi Nicolini à Lampedusa à l’été 2015. La « Lionne » sicilienne lui a expliqué et montré le travail herculéen qu’elle accomplit chaque jour depuis deux ans afin d’aider les migrants à se reconstruire. Dans son discours, Giusi Nicolini a également décrit son labeur pour faire accepter les migrants par la population de l’île et pour faire dialoguer les deux mondes.

On sort dans le pâle soleil parisien, heureux et fiers d’avoir vu une femme aussi courageuse et aussi énergique.

Tiphaine Martin

Docteure en Lettres Modernes-Université Paris Diderot

Doctorat sur « Les récits de voyage dans l’œuvre autobiographique de Simone de Beauvoir », Université Paris Diderot

Maîtrise sur « Du Deuxième Sexe à La Femme rompue : une écriture parallèle », Université de Bourgogne

Bénévole à la Fondation Simone de Beauvoir

Directrice de la collection « Vagabondages » Éditions Passage(s)

Professeure en Lettres Modernes